Le catholicisme au Vietnam : des cathédrales coloniales aux processions nocturnes et aux communautés ferventes
Le catholicisme vietnamien rassemble environ sept millions de fidèles, soit près de 7 % d’une population qui dépasse les 100 millions d’habitants. Introduite au XVIe siècle, la foi chrétienne a traversé les persécutions, la colonisation, la guerre et les restrictions imposées après 1975. Elle reste aujourd’hui très visible : les clochers dominent certains quartiers, les paroisses mobilisent plusieurs générations et les processions nocturnes illuminent rues et sanctuaires.
Sommaire
- Les repères essentiels du catholicisme au Vietnam
- Une histoire du catholicisme vietnamien entre missions et persécutions
- Cathédrales coloniales et architecture religieuse vietnamienne
- Processions nocturnes, Noël et traditions catholiques
- Communautés ferventes, familles et vie paroissiale
- État vietnamien et Église catholique : du contrôle au dialogue prudent
- Église catholique et État vietnamien
- Vocations, jeunes fidèles et diaspora vietnamienne
- Pèlerinages et sanctuaires mariaux au Vietnam
- Visiter les églises du Vietnam avec respect et curiosité
- Questions fréquentes sur le catholicisme au Vietnam
- Combien de catholiques vivent au Vietnam ?
- Quelle est la cathédrale catholique la plus connue du Vietnam ?
- Les processions nocturnes sont-elles ouvertes aux visiteurs ?
- Le catholicisme vietnamien est-il libre de toute restriction ?
- Quel pèlerinage catholique est particulièrement important au Vietnam ?
Cette histoire se lit dans des lieux contrastés. Les cathédrales coloniales racontent les échanges et les rapports de pouvoir d’une époque, tandis que les sanctuaires mariaux, les petites chapelles et les églises reconstruites témoignent d’une pratique ancrée dans la vie quotidienne. À Noël, une paroisse peut devenir un point de rencontre pour tout un quartier, y compris pour des voisins qui ne sont pas catholiques. Derrière les façades, les communautés ferventes entretiennent des traditions catholiques vivantes, soutenues par les familles, les vocations et la diaspora.
À l’aube de 2026, la relation avec l’État évolue vers un dialogue plus régulier, sans que toutes les questions de liberté religieuse, de propriété ou d’autonomie soient réglées. Pour comprendre cette Église, il faut donc regarder ensemble son passé, ses bâtiments et les gestes simples qui rythment la semaine : la messe, les repas partagés, les pèlerinages et les fêtes de village.
Les repères essentiels du catholicisme au Vietnam
- 🕰️ Une présence ancienne : les premiers missionnaires arrivent au XVIe siècle, puis les communautés se développent fortement au XVIIe.
- ⛪ Un patrimoine varié : cathédrales coloniales, sanctuaires mariaux, églises de village et constructions contemporaines coexistent.
- 🕯️ Une foi vécue en communauté : messes, fêtes patronales, processions nocturnes et entraide paroissiale rassemblent les fidèles.
- 🤝 Une relation avec l’État en évolution : le dialogue s’est renforcé, notamment avec l’installation d’un représentant pontifical résident en 2023, mais des limites persistent.
- 🌱 Une Église dynamique : les vocations, les baptêmes et l’engagement des jeunes alimentent le renouveau des paroisses.
Une histoire du catholicisme vietnamien entre missions et persécutions
Les premiers contacts catholiques se nouent au Vietnam au XVIe siècle, avec l’arrivée de missionnaires portugais, espagnols et dominicains. Au siècle suivant, les Jésuites contribuent à structurer des communautés et à transmettre les prières, les textes religieux et les pratiques liturgiques. L’évangélisation ne progresse pas partout de la même façon : elle prend racine dans certains villages et certaines régions, tandis qu’ailleurs les croyances locales restent dominantes ou s’entremêlent aux pratiques nouvelles.
Alexandre de Rhodes est souvent associé à cette période. Son nom apparaît dans l’histoire du chữ Quốc ngữ, l’alphabet vietnamien romanisé qui a fini par s’imposer dans l’enseignement et l’administration. Son élaboration fut toutefois collective : plusieurs missionnaires y contribuèrent, à partir du vietnamien parlé et avec l’aide de locuteurs locaux. Ce système d’écriture a ensuite connu une histoire qui dépasse largement les missions religieuses. Il est devenu un outil majeur de diffusion de la langue écrite.
Le développement du christianisme suscite aussi des tensions. À différentes périodes, les autorités vietnamiennes voient dans les missionnaires et leurs communautés un risque politique, notamment lorsque les influences étrangères se mêlent aux rivalités internes. Sous la dynastie Nguyễn, particulièrement aux XVIIIe et XIXe siècles, des vagues de répression frappent les fidèles. Les estimations du nombre de morts varient fortement, entre 130 000 et 300 000 selon les sources et les périodes retenues. Ces chiffres doivent être compris comme des fourchettes historiques, et non comme un décompte précis.
En 1988, Jean-Paul II canonise 117 martyrs vietnamiens. Cette reconnaissance donne une place importante à leur mémoire dans les paroisses, où leurs noms et leurs récits sont transmis aux jeunes générations. Elle rappelle aussi que l’histoire religieuse du pays ne se réduit pas à une succession de conflits : les fidèles ont préservé des réseaux familiaux, des rites et des formes d’entraide, parfois dans des conditions difficiles.
La période coloniale française ajoute une autre couche à cette histoire. Certains catholiques occupent des fonctions dans les structures politiques ou éducatives, ce qui nourrit l’association, parfois injuste, entre catholicisme et pouvoir étranger. D’autres vivent simplement leur foi au sein de communautés locales, sans jouer de rôle politique. Cette diversité aide à comprendre pourquoi l’héritage de cette époque reste complexe aujourd’hui. L’Église vietnamienne porte à la fois la mémoire de communautés persécutées et celle d’institutions liées à la présence coloniale.

Cathédrales coloniales et architecture religieuse vietnamienne
Les cathédrales coloniales sont souvent les premières images qui viennent à l’esprit quand on évoque les Églises du Vietnam. La cathédrale Saint-Joseph de Hanoï, consacrée en 1886, est un exemple connu de l’architecture néogothique introduite pendant la période française. Ses tours, ses arcs et son emplacement central en font un repère urbain autant qu’un lieu de culte. À Hô Chi Minh-Ville, la basilique Notre-Dame de Saïgon, construite à la fin du XIXe siècle, montre également l’empreinte architecturale européenne dans le paysage de la ville.
Mais réduire le patrimoine catholique à ces grands édifices serait passer à côté de l’essentiel. Dans les provinces, l’architecture religieuse prend des formes très diverses : églises en brique, chapelles familiales, sanctuaires de pèlerinage et bâtiments paroissiaux reconstruits après des conflits ou des catastrophes. On y trouve parfois des détails locaux dans les toitures, les couleurs, les matériaux ou les motifs décoratifs. Le résultat n’est pas toujours une fusion spectaculaire ; c’est souvent une adaptation pratique, façonnée par le climat, les ressources disponibles et les habitudes du village.
Dans une paroisse, l’église sert aussi de point de ralliement. Avant la messe, les familles se saluent sur le parvis. Après la célébration, les enfants attendent les adultes tandis que des bénévoles préparent une réunion ou une activité pour les jeunes. Le bâtiment a donc une fonction religieuse, mais aussi sociale. Cela explique pourquoi la construction ou la rénovation d’une église peut mobiliser une communauté entière, avec l’aide de fidèles installés à l’étranger.
La question de l’héritage colonial reste sensible. Un édifice bâti sous l’administration française peut être apprécié pour sa valeur historique et sa beauté, sans que cela efface les rapports de domination de l’époque. La manière de le visiter compte : observer les vitraux, les volumes et les transformations successives permet de mieux comprendre son histoire, tandis qu’une visite respectueuse tient compte de son usage actuel comme lieu de prière. Certaines églises sont ouvertes aux visiteurs entre les offices ; d’autres restent très actives et demandent de la discrétion.
Les façades racontent donc plusieurs histoires à la fois : celle des missions, celle des communautés qui ont entretenu les lieux et celle des villes qui ont grandi autour d’eux. Pour le visiteur, le contraste entre une cathédrale monumentale et une chapelle de quartier est particulièrement parlant. La première donne à voir l’empreinte historique ; la seconde montre comment la foi s’inscrit dans la vie ordinaire. Ensemble, elles composent un patrimoine vivant, et pas seulement un décor ancien.
Processions nocturnes, Noël et traditions catholiques
À Noël, les rues autour de nombreuses paroisses changent de rythme. Des guirlandes lumineuses, des crèches et des arches décorées attirent les familles, tandis que les commerces voisins prolongent leurs horaires. Dans certains quartiers, la foule dépasse largement le nombre de fidèles habituels. Des visiteurs viennent admirer les décors ou retrouver des proches ; la fête devient ainsi un événement partagé par des personnes de traditions différentes.
Les processions nocturnes donnent une autre dimension à ces rassemblements. Selon la paroisse et le calendrier, des fidèles portent des statues, des croix ou des lanternes dans les rues, en chantant et en priant. Le spectacle est très visible, mais il repose sur une organisation concrète : itinéraire préparé, bénévoles pour guider les participants, horaires coordonnés avec les offices et attention portée à la circulation. Pour un voyageur, le meilleur réflexe est de rester sur le côté, de demander avant de photographier les personnes et de ne pas gêner le cortège.
La vie liturgique ne se limite pas aux grandes dates. Les messes dominicales rassemblent parfois plusieurs générations d’une même famille. Les enfants peuvent suivre le catéchisme, les adolescents participer à des groupes paroissiaux, et les adultes s’occuper de la musique, de l’accueil ou des œuvres caritatives. Ce tissu d’activités donne aux traditions catholiques une présence régulière, plutôt qu’une visibilité concentrée sur quelques fêtes.
Le calendrier local peut aussi comporter des fêtes patronales, des célébrations mariales et des journées de mémoire. Les formes varient d’une région à l’autre. Dans une paroisse, une fanfare accompagne la procession ; dans une autre, les chants et les prières occupent la place principale. Pour situer ces événements dans le rythme culturel du pays, on peut consulter un aperçu des fêtes et festivals célébrés au Vietnam. Cette perspective aide à voir comment une célébration chrétienne s’insère dans une société où plusieurs calendriers religieux et populaires coexistent.
Au fil de l’année, l’église devient un lieu où les familles marquent les moments importants : baptêmes, mariages, funérailles et anniversaires de décès. Ces rites relient la vie domestique à la communauté paroissiale. Ils ne sont pas toujours spectaculaires, mais ils donnent une continuité à la foi, transmise dans les gestes et les habitudes. Une procession attire le regard ; la fidélité hebdomadaire, elle, explique la solidité du groupe.
Communautés ferventes, familles et vie paroissiale
La force du catholicisme vietnamien se mesure moins à l’apparence des grandes églises qu’au travail quotidien de ses communautés ferventes. Une paroisse rassemble souvent des familles qui se connaissent depuis longtemps, mais elle doit aussi accueillir les nouveaux habitants arrivés des campagnes ou des régions voisines. Dans une grande ville, cette tâche est importante : les migrations pour le travail éloignent les jeunes de leur village d’origine et modifient leurs habitudes. Les groupes paroissiaux offrent alors un réseau de proximité, avec des activités, des services et des liens qui aident à s’installer.
Les responsabilités sont réparties entre de nombreux bénévoles. Certains préparent les chants ou les lectures, d’autres visitent des personnes âgées, organisent le catéchisme ou soutiennent les familles en difficulté. Ce travail n’est pas toujours visible depuis la rue. Pourtant, il fait vivre la paroisse et rend la communauté capable de réagir lorsqu’un membre traverse une période difficile. Un repas partagé après une célébration peut sembler modeste ; il permet souvent à plusieurs générations de se retrouver et de transmettre des histoires familiales.
Les femmes jouent un rôle important dans ces réseaux, notamment dans la préparation des fêtes, l’accompagnement des enfants et les œuvres de solidarité. Les jeunes, eux, s’impliquent dans les chorales, les groupes de service ou les activités paroissiales. Leur participation évolue avec la scolarité et le travail : certains restent très présents, tandis que d’autres reviennent davantage lors des grandes fêtes ou des visites à leur famille. Cette variation n’indique pas nécessairement une disparition de la foi. Elle reflète aussi les changements rapides de la société urbaine.
La transmission familiale demeure centrale. Les parents expliquent les prières, accompagnent les enfants à la messe et marquent les fêtes de gestes familiers. Dans certaines familles, les pratiques catholiques s’articulent avec le respect des ancêtres, qui occupe une place forte dans la culture vietnamienne. Les expressions diffèrent selon les foyers, mais la mémoire des parents et des grands-parents reste un sujet majeur. Pour mieux comprendre ces voisinages religieux, un éclairage sur les relations entre bouddhisme, taoïsme et catholicisme au Vietnam complète utilement l’observation des paroisses.
La vie communautaire comporte aussi des défis. Les jeunes peuvent s’éloigner des pratiques régulières, les familles migrantes manquer de temps et les paroisses devoir adapter leurs activités à des quartiers qui changent vite. Les responsables cherchent alors des horaires plus accessibles et des formes d’engagement adaptées aux nouvelles générations. Le lien ne se maintient pas uniquement par tradition : il se construit à nouveau, rencontre après rencontre. Voilà pourquoi la vitalité paroissiale dépend autant de l’accueil que du nombre de fidèles.
État vietnamien et Église catholique : du contrôle au dialogue prudent
Les relations entre l’État vietnamien et l’Église catholique ont longtemps été marquées par la méfiance. Au XXe siècle, les divisions politiques renforcent cette suspicion. Dans le Sud, l’identité catholique du président Ngô Đình Diệm, au pouvoir au début des années 1960, contribue à politiser la religion. Au Nord, après 1954, l’Église doit composer avec un régime communiste. La guerre et les déplacements de population accentuent ensuite les ruptures entre communautés.
Après la réunification de 1975, l’Église connaît une période de fortes restrictions. Les autorités contrôlent étroitement les activités religieuses et les nominations, tandis que des biens ecclésiastiques sont nationalisés ou confisqués. Les séminaires et les congrégations doivent faire face à des limites administratives. Les fêtes continuent, mais leur organisation peut être surveillée. Malgré cela, les paroisses ne disparaissent pas : elles s’appuient sur les prêtres disponibles, les catéchistes et les réseaux familiaux pour maintenir les offices et la transmission de la foi.
Les réformes du Đổi Mới, lancées à partir de la fin des années 1980, ouvrent progressivement de nouveaux espaces. Les communautés religieuses peuvent contribuer à des activités sociales, notamment dans l’aide aux personnes vulnérables, la santé et la solidarité locale. Les autorités reconnaissent peu à peu cette utilité, sans renoncer au contrôle administratif. Le changement est donc pragmatique : la coopération devient plus courante, mais elle ne signifie pas une liberté complète.
Depuis 2009, les rencontres de haut niveau entre responsables vietnamiens et représentants du Saint-Siège se multiplient. En décembre 2023, la nomination d’un représentant pontifical résident permanent constitue une étape notable, la première de ce type depuis 1975. À l’aube de 2026, cette présence soutient le dialogue et la coordination, mais ne résout pas automatiquement les désaccords sur les propriétés, le cadre juridique ou l’autonomie de l’Église.
Il faut donc parler de coexistence prudente plutôt que de confiance totale. Les communautés vivent leur religion de façon plus visible qu’au cours des décennies les plus restrictives, et les échanges institutionnels sont plus réguliers. En même temps, l’État conserve un rôle important dans la gestion des organisations religieuses. Cette situation produit des avancées graduelles : une activité autorisée ici, une négociation locale là, puis parfois un débat sur un terrain ou un projet de construction. Le dialogue est réel, mais il reste lié aux décisions concrètes.
Pour saisir cette évolution, il est utile d’éviter deux images trop simples : celle d’une Église entièrement libre et celle d’une communauté réduite au silence. La réalité est plus nuancée. Les catholiques disposent d’une vie communautaire active, mais les limites administratives et politiques demeurent. La relation change surtout par étapes, au rythme de négociations et de gestes de reconnaissance mutuelle.
Repères historiques
Église catholique et État vietnamien
Des premiers missionnaires aux échanges diplomatiques récents, cette frise distingue les périodes de tension, d’ouverture et de dialogue.
Filtrer les périodes
À garder en tête : les avancées du dialogue ne signifient pas une liberté religieuse totale. Les relations entre autorités publiques et communautés catholiques restent encadrées et parfois prudentes.
Vocations, jeunes fidèles et diaspora vietnamienne
Le Vietnam compte environ sept millions de catholiques, soit près de 7 % d’une population de plus de 100 millions de personnes. Les estimations varient selon les sources et les méthodes de décompte, mais elles situent le pays parmi les grandes communautés catholiques d’Asie. Plus de 100 000 baptêmes sont rapportés chaque année dans les données fournies pour décrire son dynamisme. Ces chiffres donnent une indication utile ; ils ne racontent pas à eux seuls la qualité de la vie paroissiale ni les changements d’une génération à l’autre.
Les vocations sacerdotales et religieuses restent un trait marquant. Des jeunes entrent au séminaire ou rejoignent des congrégations, parfois après plusieurs années d’engagement dans leur paroisse. Le parcours comprend une formation spirituelle et théologique, ainsi qu’une préparation aux réalités pastorales. Les besoins sont variés : accompagner les familles, animer les communautés éloignées, soutenir les jeunes ou participer à des œuvres sociales. La présence de nombreux candidats ne supprime pas les défis, car les affectations et les ressources doivent suivre l’évolution de la population.
La diaspora joue un rôle important dans ce paysage. Des familles établies en France, aux États-Unis, au Canada, en Australie ou dans d’autres pays soutiennent des projets paroissiaux et des initiatives éducatives. Les contributions peuvent financer la rénovation d’une église, une bourse d’études ou du matériel pour une activité communautaire. Les liens ne sont pas seulement financiers : les visites, les échanges de prêtres et les contacts entre jeunes entretiennent une relation vivante entre les communautés du Vietnam et celles de l’étranger.
Certains séminaristes, prêtres et religieuses poursuivent une partie de leur formation hors du pays, notamment aux Philippines, en Europe, en Amérique du Nord ou en Australie. Au retour, ils apportent des expériences différentes de l’organisation pastorale et de l’engagement social. Les idées ne sont pas copiées telles quelles : elles sont adaptées aux réalités locales, aux règles en vigueur et aux attentes des fidèles. Cette circulation nourrit une Église ouverte sur le monde tout en gardant des racines vietnamiennes.
Pour les jeunes, l’enjeu consiste à relier l’héritage reçu aux conditions de vie actuelles. Études, emplois urbains et réseaux numériques modifient les façons de se retrouver et de participer. Des groupes paroissiaux proposent des activités sportives, musicales ou solidaires afin de créer des espaces accessibles. Une rencontre de jeunes peut commencer par un temps de prière et se poursuivre autour d’un repas simple ; cette forme directe favorise souvent les échanges. La vitalité se voit alors dans la capacité à accueillir, pas seulement dans les chiffres.
Pèlerinages et sanctuaires mariaux au Vietnam
Les pèlerinages occupent une place importante dans la vie catholique vietnamienne. Le sanctuaire marial de La Vang, dans la province de Quảng Trị, attire des fidèles depuis plusieurs générations. La tradition associe le lieu à des événements du XVIIIe siècle et à la dévotion à la Vierge Marie. Les rassemblements prennent une ampleur particulière lors des grandes célébrations, lorsque des groupes viennent parfois de loin, en famille ou avec leur paroisse.
Le pèlerinage n’est pas seulement une visite à un sanctuaire. Le trajet lui-même compte : on s’organise, on partage le transport, on prévoit de quoi manger et on accompagne les personnes âgées ou les enfants. À l’arrivée, les offices, les prières et les rencontres donnent un rythme à la journée. Pour certains, cette marche ou ce déplacement marque une demande particulière ; pour d’autres, il s’agit d’un rendez-vous communautaire qui renouvelle les liens entre paroisses.
Depuis les réformes économiques du Đổi Mới, plusieurs pèlerinages ont connu un regain de fréquentation. Une meilleure mobilité, des moyens de transport plus accessibles et la réouverture d’espaces religieux ont favorisé ces déplacements. Les communautés de la diaspora contribuent également à la restauration de lieux ou au soutien des célébrations. Ces changements s’ajoutent à une pratique plus ancienne, transmise de parents à enfants et adaptée aux moyens de chaque époque.
Les sanctuaires s’inscrivent dans un paysage religieux pluriel. Des visiteurs peuvent aussi se rendre dans des pagodes, des temples ou des lieux associés à d’autres traditions. Cela ne signifie pas que toutes les pratiques sont identiques ; chaque lieu a ses règles, ses symboles et ses manières de prier. Mais cette proximité aide à comprendre le quotidien vietnamien, où des voisins de confessions différentes partagent souvent le même quartier et les mêmes événements familiaux. Un pèlerinage catholique peut donc s’inscrire dans un voyage plus large à la découverte des cultures régionales.
Le respect des usages rend la visite plus agréable. Une tenue sobre, une voix calme et l’attention portée aux offices sont de bonnes habitudes. Lors d’une grande célébration, il vaut mieux arriver tôt, suivre les indications des organisateurs et demander avant de photographier les personnes en prière. Les lieux de pèlerinage ne sont pas de simples étapes touristiques : ils sont d’abord des espaces de dévotion. C’est cette fonction vivante qui explique leur force d’attraction.

Visiter les églises du Vietnam avec respect et curiosité
Pour un voyageur, les Églises du Vietnam permettent d’aborder l’histoire par des lieux habités, pas seulement par des monuments. Une cathédrale en centre-ville offre un aperçu de l’architecture et de l’histoire urbaine. Une église de village révèle plutôt les liens entre familles, paroisse et territoire. Le contraste entre ces lieux aide à comprendre pourquoi le catholicisme est à la fois minoritaire à l’échelle nationale et très présent dans certaines régions ou communautés.
Avant de visiter, il est utile de vérifier les horaires des offices et les règles d’accès. Une église peut être fermée en dehors des célébrations, ou ouverte uniquement à certains moments. Pendant une messe, on peut observer discrètement sans circuler devant les fidèles. Les photographies de l’architecture sont parfois acceptées, mais les personnes en prière méritent une attention particulière. Un signe de tête ou une question posée calmement peut éviter un malentendu.
La tenue n’a pas besoin d’être formelle, mais des vêtements couvrant les épaules et les genoux conviennent mieux à un lieu de culte. Il vaut aussi mieux éviter les conversations fortes, les appels téléphoniques et les poses qui bloquent les entrées. À Noël, la foule peut être dense autour des églises les plus connues ; prévoir du temps et garder ses affaires près de soi rend la sortie plus sereine. L’ambiance est souvent festive, mais elle reste liée à une célébration religieuse.
Le visiteur peut prolonger sa découverte en observant les pratiques autour du bâtiment : les étals de nourriture, les familles qui se retrouvent, les bénévoles qui orientent les participants. Ces détails racontent autant que les vitraux. Un quartier catholique ne se résume pas à son clocher ; il se comprend aussi à travers ses habitudes, ses commerces et les liens entre habitants. C’est là que la dimension sociale du catholicisme devient visible.
La découverte gagne encore en profondeur lorsqu’on la replace dans le paysage religieux du pays. Les temples, les pagodes et les lieux de culte catholiques répondent à des traditions distinctes, mais partagent parfois le même horizon urbain. Le Temple de la Littérature à Hanoï, par exemple, illustre une autre facette du patrimoine spirituel et intellectuel vietnamien. Comparer les lieux avec respect aide à mieux saisir la pluralité du pays, sans chercher à confondre les croyances.
Questions fréquentes sur le catholicisme au Vietnam
Combien de catholiques vivent au Vietnam ?
Les estimations évoquées situent la communauté autour de sept millions de fidèles, soit environ 7 % d’une population supérieure à 100 millions d’habitants. Les chiffres peuvent varier selon les sources et les méthodes de recensement.
Quelle est la cathédrale catholique la plus connue du Vietnam ?
La cathédrale Saint-Joseph de Hanoï est l’un des édifices catholiques les plus célèbres. La basilique Notre-Dame de Saïgon est également un repère majeur de l’architecture religieuse héritée de la période coloniale.
Les processions nocturnes sont-elles ouvertes aux visiteurs ?
Les visiteurs peuvent généralement observer les processions publiques, en restant à l’écart du cortège et en respectant les prières. Il est préférable de demander avant de photographier les participants et de suivre les consignes locales.
Le catholicisme vietnamien est-il libre de toute restriction ?
Non. Les relations avec l’État se sont améliorées et le dialogue institutionnel s’est développé, mais des contraintes administratives et des différends portant notamment sur les propriétés et l’autonomie religieuse persistent.
Quel pèlerinage catholique est particulièrement important au Vietnam ?
Le sanctuaire marial de La Vang, dans la province de Quảng Trị, est un lieu de pèlerinage majeur. Il attire des fidèles venus prier, participer aux célébrations et retrouver leur communauté.


