Le village de Mỹ Nghiệp (Ninh Thuận) : les tisseuses Cham qui perpétuent des motifs millénaires au métier à main
À Mỹ Nghiệp, près de Phan Rang, les tisseuses Cham font vivre un artisanat textile transmis de génération en génération. Sur un métier à main, elles entrecroisent les fils pour faire apparaître des figures anciennes, des formes géométriques et des signes liés à la nature ou aux croyances. Chaque étoffe demande de la patience : préparer les fils, les teindre, les installer, puis répéter les gestes jusqu’à ce que le motif prenne forme. Le village, dans l’ancien territoire de Ninh Thuận, permet d’observer ce travail au plus près et de comprendre ce qui se cache derrière un morceau de brocart.
Sommaire
- Mỹ Nghiệp, village de tissage Cham près de Phan Rang
- Les gestes du tissage traditionnel au métier à main
- Motifs millénaires et mémoire de la culture cham
- Van Thi Thang et la transmission des savoir-faire
- Du fil au tissu : les étapes du tissage cham
- Préparer les fibres
- Visiter les ateliers de Mỹ Nghiệp : horaires et bonnes pratiques
- Se rendre à Mỹ Nghiệp et organiser une journée culturelle
- Brocart, cuisine locale et haltes dans les environs
- Questions pratiques sur le village de tissage de Mỹ Nghiệp
- Où se trouve le village de Mỹ Nghiệp ?
- Combien coûte la visite de Mỹ Nghiệp ?
- Quel est le meilleur moment pour voir les tisseuses Cham travailler ?
- Peut-on essayer le tissage traditionnel ?
La visite ne se limite pas à l’achat d’une écharpe ou d’un sac. On peut écouter les histoires du métier, regarder les artisanes travailler et, selon les ateliers, essayer quelques passages de fil. Les motifs millénaires ne sont pas de simples décorations : ils portent une mémoire, même si leur origine varie selon les récits transmis. En prenant le temps d’échanger avec les habitantes, tu découvres un patrimoine culturel vivant, confronté aux changements du marché et à la difficulté de transmettre les gestes aux plus jeunes.
- 🧵 À voir : le tissage traditionnel sur des métiers manuels et la préparation des motifs.
- 📍 Où : à Phước Dân, dans le secteur de Ninh Phước, à environ 10 à 12 kilomètres de Phan Rang.
- ☀️ Quand : le matin ou en fin d’après-midi, lorsque les ateliers sont généralement actifs et la lumière plus douce.
- 🎨 À retenir : les couleurs, les formes et les techniques racontent une partie de la culture cham.
Mỹ Nghiệp, village de tissage Cham près de Phan Rang
Le village de Mỹ Nghiệp, aussi appelé Palei My Nghiep en cham, se trouve à une dizaine de kilomètres au sud de Phan Rang–Tháp Chàm. On y vient pour voir les métiers en bois, mais aussi pour entrer dans un espace de vie où le tissage accompagne les activités quotidiennes. Dans les maisons et les ateliers, les étoffes prennent forme à quelques pas des cours familiales. La visite gagne à rester simple : observer, saluer, puis demander si une démonstration est possible.
Le village est souvent présenté comme un centre ancien du brocart cham, avec une histoire qui s’étend sur plusieurs siècles. Certains récits rattachent l’apprentissage du tissage à la déesse Po Yang Inư Nagar, figure majeure des traditions cham. Des versions évoquent une transmission dès le VIe siècle, tandis que d’autres racontent l’arrivée de l’artisanat dans la région au XVIIe siècle. Ces récits ne se confondent pas avec une datation historique vérifiée : ils montrent surtout la place accordée au métier dans la mémoire collective.
Pour replacer les étoffes dans leur contexte, la lecture sur la civilisation cham au Vietnam aide à comprendre les liens entre croyances, vie communautaire et arts. Le tissage n’est pas isolé des autres pratiques : il dialogue avec les fêtes, les vêtements cérémoniels et les récits familiaux. C’est cette continuité qui donne au village son intérêt, bien au-delà de la simple boutique de souvenirs.

Les gestes du tissage traditionnel au métier à main
Avant que le motif apparaisse, plusieurs opérations sont nécessaires. Les fibres sont préparées, filées, teintées et organisées selon l’ordre voulu. Viennent ensuite l’ourdissage, l’installation des fils sur le métier, leur alignement et la mise en place des bobines. Une erreur dans cette préparation peut décaler le dessin ou fragiliser l’étoffe ; les gestes demandent donc autant de méthode que de dextérité.
Les artisanes utilisent des métiers adaptés à la taille du tissu et à la complexité du dessin. La navette passe entre les fils de chaîne, tandis que les mains et les pieds coordonnent les mouvements du métier. Au début, le rythme paraît régulier et facile à suivre. En regardant de près, on remarque pourtant les ajustements constants : tendre un fil, corriger une tension, compter les passages. C’est un travail précis, qui se construit rang après rang.
Les teintures naturelles occupent également une place importante dans les récits sur le savoir-faire local. Des feuilles, des écorces ou d’autres matières végétales sont utilisées pour obtenir différentes nuances, parfois avec des procédés qui varient d’un atelier à l’autre. Les informations recueillies auprès des artisans sont plus parlantes qu’une formule générale : demander d’où vient une couleur permet souvent d’entendre une histoire de plante, de saison et d’essai. Le métier à main révèle ainsi une chaîne complète, du fil à l’étoffe finie.
Motifs millénaires et mémoire de la culture cham
Les dessins du brocart peuvent représenter des animaux, des plantes, des objets ou des formes géométriques. Parmi les motifs cités dans les traditions locales figurent des références à l’éléphant, à Shiva, aux oiseaux ou à des éléments familiers du quotidien. Leur interprétation dépend du contexte et des personnes qui les transmettent. Un motif visible sur une étoffe n’a donc pas toujours une seule explication figée.
Le terme « motifs millénaires » évoque une longue mémoire, mais il convient de l’entendre comme une référence à l’ancienneté culturelle plutôt que comme la preuve que chaque dessin précis date de plusieurs milliers d’années. Des formes anciennes sont conservées, réinterprétées ou recomposées au fil du temps. Deux pièces peuvent se ressembler sans être identiques : l’artisane choisit les couleurs, adapte la composition et laisse une part à sa propre sensibilité.
Cette liberté rend chaque textile singulier. Un châle peut reprendre un dessin connu tout en présentant une variation dans l’espacement ou les teintes. C’est aussi ce qui distingue le brocart artisanal d’un motif imprimé en série. Pour explorer d’autres traditions textiles vietnamiennes, le dossier consacré aux tissages thaï et hmong offre un point de comparaison utile : les techniques et les symboles changent, mais partout le tissu raconte une appartenance et une histoire.
Van Thi Thang et la transmission des savoir-faire
Van Thi Thang est connue comme une tisseuse particulièrement expérimentée de Mỹ Nghiệp. À 80 ans, selon un portrait publié par VOV, elle avait déjà plus de six décennies de pratique derrière elle. Elle avait commencé à apprendre vers l’âge de 12 ans auprès de sa mère et de sa grand-mère. Son parcours donne une image concrète de la transmission des savoir-faire : il ne s’agit pas d’un cours rapide, mais d’années passées à observer, essayer et mémoriser les motifs.
Les étapes les plus complexes ne sont pas toujours celles que l’on remarque depuis l’entrée de l’atelier. Préparer les fils et reproduire un dessin ancien réclament une attention soutenue. Des artisanes capables de restituer certains motifs rares deviennent alors des références pour le village. Des initiatives de collecte et de transmission cherchent à documenter ces dessins et à les enseigner aux plus jeunes, afin qu’ils ne disparaissent pas avec les dernières personnes qui les maîtrisent.
Le défi est réel : le tissage manuel demande du temps, alors que les articles fabriqués en série sont souvent moins chers. Pour les familles, il faut pouvoir vendre suffisamment sans transformer le métier en simple attraction. Acheter une pièce directement auprès d’une tisseuse ou participer à une démonstration rémunérée peut soutenir le travail local. La valeur d’un textile se lit aussi dans les heures de préparation qu’il contient.
Mỹ Nghiệp · Ninh Thuận
Du fil au tissu : les étapes du tissage cham
Un textile se construit patiemment, de la préparation des fibres aux dernières finitions. Sélectionnez une étape pour en découvrir le rôle.
Parcours indicatif : les gestes et les matières peuvent varier selon les ateliers.
Préparer les fibres
Les fibres sont triées et préparées pour obtenir une matière adaptée au filage. La préparation dépend des matériaux employés dans l’atelier.
Visiter les ateliers de Mỹ Nghiệp : horaires et bonnes pratiques
Le village se visite librement, mais les ateliers ne suivent pas nécessairement tous les mêmes horaires. Les espaces qui accueillent des visiteurs reçoivent souvent du monde entre 7 h et 17 h ; le matin, autour de 7 h à 10 h, ou l’après-midi vers 15 h à 17 h, les conditions sont généralement agréables. Les jours de fête ou les grands événements peuvent modifier le rythme habituel. Pour un groupe, mieux vaut contacter un atelier à l’avance.
L’accès au village est indiqué comme gratuit dans les informations touristiques disponibles. Une initiation au tissage peut être proposée contre une somme modeste, souvent annoncée autour de 30 000 à 50 000 dongs vietnamiens, tandis que les pièces vendues vont de quelques dizaines de milliers à plusieurs centaines de milliers de dongs selon la taille et le travail. Ces tarifs sont indicatifs : le type de fil, la complexité du motif et le temps consacré changent le prix.
- 📷 Demande l’accord avant de photographier une personne, une maison ou un atelier.
- 👕 Choisis une tenue respectueuse, surtout si la visite coïncide avec une cérémonie.
- 🪡 Ne touche aux outils que si l’artisane t’y invite ; certaines pièces du métier sont réglées avec précision.
- 💵 Prévois de petites coupures si tu souhaites acheter directement auprès d’une famille.
- 🤝 La visite n’oblige pas à acheter : un échange poli et attentif est déjà une marque de respect.
Un atelier n’est pas un décor : les personnes y travaillent et vivent. En gardant cette idée en tête, l’échange devient plus naturel et la démonstration prend tout son sens.
Se rendre à Mỹ Nghiệp et organiser une journée culturelle
Depuis le centre de Phan Rang–Tháp Chàm, le trajet jusqu’à Mỹ Nghiệp couvre environ 10 à 12 kilomètres. Une voiture ou une moto de location donne de la souplesse, notamment pour faire plusieurs arrêts. Les tarifs indiqués par les prestataires varient selon la saison et le véhicule ; il vaut mieux vérifier le prix au moment de la réservation plutôt que de se fier à une estimation ancienne.
Le taxi convient pour une visite courte, surtout si le retour est organisé à l’avance. À moto, tu peux faire une halte au marché de Ninh Phước ou prolonger la sortie vers le village de potiers de Bau Trúc, situé à proximité. Pour préparer une découverte plus large des lieux historiques de la région, l’itinéraire consacré aux sites Cham autour de Phan Rang peut aider à construire une journée cohérente.
Un parcours agréable commence le matin à Mỹ Nghiệp, se poursuit à Bau Trúc pour observer un autre artisanat ancien, puis rejoint les tours de Po Klong Garai. Les distances exactes et les conditions d’accès sont à vérifier localement, car les routes, les services et les horaires peuvent évoluer. Une visite guidée apporte un éclairage supplémentaire sur les monuments, tandis qu’une découverte libre laisse plus de temps pour les échanges dans les ateliers.
Brocart, cuisine locale et haltes dans les environs
Après quelques heures près des métiers, une pause à Phan Rang permet de goûter des spécialités de la région. Le bánh căn, petit gâteau de riz cuit dans des moules, se mange souvent chaud avec une sauce relevée. La salade de poisson mai rappelle la proximité du littoral, tandis que les plats de chèvre sont souvent associés aux paysages secs de Ninh Thuận. Les adresses et les prix changent ; demande conseil aux habitants pour trouver un établissement ouvert le jour de la visite.
Le shopping mérite la même attention que la dégustation. Un sac, une étoffe ou une écharpe tissée à la main peut coûter davantage qu’un produit industriel, car sa fabrication prend du temps et mobilise plusieurs gestes. Demande qui a réalisé la pièce, comment elle a été teintée et si une commande personnalisée est possible. Un délai de quelques jours peut être nécessaire pour une création spécifique.
Le village de Bau Trúc complète bien cette étape, car la poterie et le brocart montrent deux savoir-faire différents, portés par des communautés et des gestes locaux. Tu peux aussi poursuivre vers la tour de Po Klong Garai ou la plage de Ninh Chu si le temps le permet. Dans cette région, une journée réussie alterne artisanat, histoire et repas : la culture se découvre autant dans les ateliers que dans les saveurs partagées.

Questions pratiques sur le village de tissage de Mỹ Nghiệp
Où se trouve le village de Mỹ Nghiệp ?
Mỹ Nghiệp se situe à Phước Dân, dans le secteur de Ninh Phước, à environ 10 à 12 kilomètres de Phan Rang–Tháp Chàm, dans l’ancien territoire de Ninh Thuận.
Combien coûte la visite de Mỹ Nghiệp ?
L’accès au village est généralement annoncé comme gratuit. Une initiation au tissage ou l’achat d’un produit artisanal peut être payant ; les prix varient selon l’atelier, la taille et la complexité de la pièce.
Quel est le meilleur moment pour voir les tisseuses Cham travailler ?
Le matin, entre 7 h et 10 h, et en fin d’après-midi, vers 15 h à 17 h, sont souvent de bons créneaux. Il est prudent de confirmer les horaires d’un atelier, en particulier lors des fêtes.
Peut-on essayer le tissage traditionnel ?
Certains ateliers proposent une courte initiation. Suis les indications de l’artisane et manipule le métier à main avec précaution, car les fils sont réglés selon le motif en cours.



