Cù Lao Dung (Sóc Trăng) : l’île de la canne à sucre au bout du Mékong, avant que le fleuve se noie dans la mer
Cù Lao Dung est une île fluviale de la province de Sóc Trăng, dans le sud du Vietnam. Elle s’étire dans le cours inférieur du Hậu, l’un des bras du Mékong, juste avant que le fleuve rejoigne la mer de Chine méridionale. Longtemps associée à la canne à sucre, cette île vietnamienne vit aujourd’hui aussi des vergers, de la pêche et de l’élevage de coquillages sous les mangroves. Ses paysages changent vite : une route bordée de jardins peut déboucher sur des digues, des chenaux et des zones de forêt littorale. Pour le visiteur, Cù Lao Dung offre un aperçu concret du delta du Mékong, loin des grands circuits urbains. Pour ses habitants, l’enjeu est plus quotidien : composer avec l’eau salée, les crues et les revenus agricoles incertains, sans sacrifier les forêts qui protègent les rives.
Sommaire
- Cù Lao Dung, une île au bout du Mékong
- De la canne à sucre aux cultures diversifiées
- Les mangroves, une protection vivante du littoral
- Élever des coquillages sous la forêt : un exemple concret
- Ce que les projets climatiques ont changé sur l’île
- Vivre avec la mangrove, diversifier l’avenir
- Les repères du projet
- Quatre leviers complémentaires
- Visiter Cù Lao Dung sans perdre le fil du paysage
- Goûter le delta à travers ses produits
- Le futur de Cù Lao Dung entre résilience et tourisme
- Questions pratiques sur Cù Lao Dung
- Où se trouve Cù Lao Dung ?
- Pourquoi l’île est-elle associée à la canne à sucre ?
- Que signifie l’élevage sous mangrove ?
- Quels chiffres connaît-on sur le projet MD-ICRSL à Cù Lao Dung ?
Quelques repères permettent de comprendre l’île : son économie se transforme, mais la canne à sucre reste une partie de son histoire ; les mangroves deviennent à la fois un rempart naturel et un espace de production ; et les projets d’adaptation climatique cherchent à rendre les revenus moins fragiles. Ici, le paysage n’est pas un décor : il dicte le travail, les repas et les déplacements.
- 🌿 Situation : dans le Hậu, à l’extrémité méridionale du delta du Mékong.
- 🍬 Héritage : une île connue pour la canne à sucre, mais où les activités se diversifient.
- 🦪 Évolution : l’élevage de vọp et d’escargots de mangrove sous couvert forestier.
- 🌊 Enjeu : adapter l’agriculture et les revenus aux changements du climat et de la salinité.
Cù Lao Dung, une île au bout du Mékong
Sur une carte, Cù Lao Dung apparaît comme une longue terre posée dans le Hậu, bras méridional du Mékong. Le fleuve se divise, ralentit et dépose des alluvions avant de rejoindre la mer de Chine méridionale. Cette position explique le caractère particulier de l’île : l’eau douce et l’eau salée s’y rencontrent, tandis que les chenaux et les digues structurent la vie de tous les jours.
Les pistes traversent des zones habitées, des cultures et des jardins. On comprend vite pourquoi un visiteur qui s’éloigne des grands axes peut perdre ses repères : les chemins secondaires se croisent et les paysages se ressemblent parfois. Mieux vaut demander son itinéraire à un habitant, surtout pour rejoindre les secteurs ruraux. Le déplacement fait partie de la découverte, au même titre que la destination.
La superficie de l’île est souvent donnée à près de 25 000 hectares dans les présentations touristiques. Ce vaste espace ne forme pas un paysage uniforme : on passe des zones de culture aux vergers, puis aux milieux humides et aux mangroves. C’est cette diversité qui rend Cù Lao Dung intéressante, autant pour comprendre le delta que pour observer la vie insulaire.

De la canne à sucre aux cultures diversifiées
La canne à sucre a longtemps marqué l’identité agricole de Cù Lao Dung. Elle pousse dans un delta fertile, mais sa rentabilité dépend des prix, des coûts de production et des conditions d’eau. Pour une famille qui mise l’essentiel de ses revenus sur une seule récolte, une mauvaise saison peut peser lourd. C’est pourquoi les habitants cherchent des activités complémentaires, mieux adaptées à chaque parcelle et à la proximité de la forêt ou des cours d’eau.
La transition ne signifie pas que toutes les plantations ont disparu. Elle correspond plutôt à une agriculture qui se réorganise selon les milieux : cultures sur les terres adaptées, vergers dans les zones propices, élevage aquatique dans les secteurs forestiers. Pour un producteur, le choix dépend de la qualité du sol, de l’accès à l’eau et de la possibilité de vendre sa récolte. Une activité moins spectaculaire peut parfois apporter un revenu plus régulier.
Imagine une famille fictive, celle de Lan, qui cultive une petite parcelle et partage son temps entre les travaux agricoles et la récolte de produits aquatiques. Diversifier son activité ne garantit pas une hausse immédiate des gains, mais cela réduit la dépendance à une seule culture. À Cù Lao Dung, l’avenir de l’agriculture se joue souvent dans cet équilibre entre traditions et nouvelles pratiques.
Les mangroves, une protection vivante du littoral
Les mangroves occupent une place centrale dans les secteurs côtiers de l’île. Leurs racines retiennent les sédiments et contribuent à protéger les berges contre l’érosion. Elles offrent aussi un habitat à de nombreuses espèces aquatiques. Quand les habitants y élèvent des coquillages sans défricher le couvert forestier, la production dépend donc d’un milieu vivant qu’il faut préserver.
Ce lien entre forêt et revenu modifie la manière de considérer la protection environnementale. Elle n’est plus seulement une règle imposée de l’extérieur : elle peut soutenir les activités locales si les ressources sont gérées avec soin. Les groupes de gestion collective, auxquels participent des habitants, cherchent justement à concilier surveillance des espaces forestiers et usages économiques. Les résultats dépendent de règles partagées et d’un suivi régulier.
La pression climatique rend cet équilibre plus délicat. Les variations de salinité, les épisodes de chaleur et les changements du régime des eaux peuvent affecter les cultures comme les espèces élevées. Protéger les mangroves ne règle pas tous ces problèmes, mais la forêt constitue une défense naturelle et un espace de vie. Pour l’île, la résilience commence par la santé de ses rives.
Élever des coquillages sous la forêt : un exemple concret
Un modèle soutenu par le projet de résilience climatique MD-ICRSL associe élevage aquatique et protection des mangroves. À Am Thạnh 3, Đinh Văn Mới, responsable d’un groupe de coopération, a consacré une parcelle de 2 000 m² à l’élevage de vọp et d’escargots de mangrove, appelés ốc len. Sa famille a introduit plus de 840 kg de jeunes vọp et environ 161 kg de jeunes escargots.
Les premières récoltes d’escargots ont commencé après environ quatre mois. Les prix rapportés dans ce témoignage étaient de 35 000 à 40 000 dôngs par kilo pour le vọp, et de 80 000 à 100 000 dôngs pour l’ốc len. Ces montants correspondent aux données de l’époque du reportage, et non à des tarifs garantis en 2026 : le marché, la saison et la qualité des produits peuvent les faire varier.
Le cas est parlant parce qu’il compare cette activité à une culture de canne à sucre dont le revenu était décrit comme instable. Il ne prouve pas que l’élevage sous mangrove convient à chaque foyer ; il montre plutôt qu’une petite parcelle peut accueillir une production complémentaire quand elle est bien adaptée au milieu. L’accompagnement technique et l’accès aux débouchés restent déterminants.
| Repère | Donnée rapportée | Ce qu’elle indique |
|---|---|---|
| 📐 Surface exploitée | 2 000 m² | Une activité possible sur une parcelle limitée. |
| 🦪 Jeunes vọp | Plus de 840 kg | Un élevage associé au couvert forestier. |
| 🐚 Jeunes ốc len | Environ 161 kg | Une seconde production sur le même site. |
| ⏱️ Premières récoltes | Environ quatre mois | Un délai observé dans cet exemple, variable selon les conditions. |
Ce que les projets climatiques ont changé sur l’île
Le projet MD-ICRSL ne s’est pas limité à des infrastructures. Il a aussi accompagné des modèles de subsistance adaptés au contexte local, dont l’élevage sous mangrove. Selon les données communiquées par la gestion du sous-projet en novembre 2022, les activités couvraient alors plus de 1 760 hectares à Cù Lao Dung et concernaient plus de 400 foyers.
Le même bilan faisait état de la création de groupes de cogestion forestière, au nombre de trois après le développement de deux groupes de coopération. Cette organisation aide les habitants à gérer collectivement certaines zones et à relier la protection des forêts aux besoins économiques. Pour les foyers associés à des activités touristiques, les revenus mensuels moyens rapportés avaient augmenté de 4 à 5 millions de dôngs. Ce chiffre concerne les ménages concernés et la période indiquée, pas l’ensemble des habitants.
À l’échelle du delta, le projet soutenu par la Banque mondiale a accompagné, sur six années, plus d’un million d’agriculteurs dans des changements de production plus adaptés au climat et à l’usage des ressources. Ces résultats rappellent qu’une transformation locale s’inscrit dans une politique régionale : elle demande du financement, de la formation et des infrastructures, mais aussi des solutions choisies avec les communautés.
Cù Lao Dung · delta du Mékong
Vivre avec la mangrove, diversifier l’avenir
À l’extrémité du Mékong, les moyens de subsistance s’appuient sur les ressources de l’île tout en encourageant la protection des forêts et de nouvelles activités locales.
Les repères du projet
Le bilan du projet MD-ICRSL, rapporté en novembre 2022, faisait état de :
Repère historique : ces chiffres décrivent la période du bilan de novembre 2022. Ils ne constituent pas des statistiques actualisées pour 2026.
Quatre leviers complémentaires
Sélectionnez une activité pour en découvrir le rôle dans les moyens de subsistance locaux.
L’élevage de vọp et d’ốc len sous mangrove associe une activité économique aux paysages et aux milieux côtiers de l’île.
Visiter Cù Lao Dung sans perdre le fil du paysage
Une visite se prépare d’abord en repérant les accès et les distances. L’île est vaste et ses chemins secondaires peuvent former un réseau déroutant pour qui ne connaît pas les lieux. Partir avec une carte, demander conseil aux habitants et prévoir une marge dans le programme évitent de transformer une balade en course contre la montre. Pour profiter du trajet, privilégie les déplacements tranquilles et les arrêts dans les zones habitées.
Sur place, le plus intéressant est souvent d’observer comment les paysages s’enchaînent : jardins, cultures, berges et forêt littorale. Une sortie guidée par une personne du secteur peut aider à comprendre les usages de l’eau et les activités saisonnières. Les produits locaux et les marchés donnent aussi un aperçu de la cuisine du delta, où les ressources du fleuve et des jardins se retrouvent dans les assiettes.
Si tu compares différentes destinations insulaires vietnamiennes, Con Dao et ses paysages insulaires offrent un autre cadre, plus tourné vers le littoral maritime. Cù Lao Dung, elle, se découvre par ses canaux, ses cultures et les liens quotidiens entre le fleuve et les habitants. Le meilleur programme laisse de la place à l’imprévu, sans déranger les activités agricoles.
Goûter le delta à travers ses produits
La cuisine est une autre porte d’entrée sur l’île. Les produits aquatiques, les récoltes des jardins et les ingrédients du delta varient avec les saisons et les habitudes des familles. Les vọp et les ốc len, par exemple, rappellent directement le rôle des milieux humides et des mangroves dans l’alimentation locale. Leur préparation dépend des recettes et des produits disponibles, alors mieux vaut se laisser guider par les cuisiniers du coin.
La canne à sucre raconte une autre facette du territoire. Elle est liée aux paysages agricoles et à une activité qui a longtemps compté dans l’économie locale. En observant les marchés, les petits restaurants et les étals, tu peux relier les aliments au travail qui les rend disponibles. C’est une façon simple de comprendre pourquoi les changements de production se ressentent jusque dans la cuisine.
Pour les visiteurs, choisir des produits locaux et respecter les périodes de récolte contribue à une découverte plus attentive. Les repas ne sont pas qu’une pause entre deux déplacements : ils montrent comment les habitants tirent parti des ressources de leur environnement. À Cù Lao Dung, le goût du lieu passe souvent par ce qui vient du fleuve, des terres cultivées et des jardins.
Le futur de Cù Lao Dung entre résilience et tourisme
Après le MD-ICRSL, les propositions régionales ont continué à placer la résilience climatique au centre des discussions. Le projet WB11, présenté comme une proposition au début des années 2020, visait neuf provinces du delta, dont Sóc Trăng. Ses axes annoncés portaient sur les institutions et les systèmes d’information, les infrastructures régionales résistantes au climat, ainsi que la diversification des moyens de subsistance ruraux.
Cette proposition ne doit pas être confondue avec un résultat déjà acquis sur l’île. Elle montre plutôt les priorités alors envisagées : relier les productions agricoles, les services, les zones urbanisées et le tourisme, au lieu de soutenir des activités isolées. Pour Cù Lao Dung, la question est concrète : comment créer des revenus plus sûrs sans fragiliser les écosystèmes dont dépend la population ?
Le tourisme communautaire peut compléter l’agriculture si les bénéfices reviennent aux habitants et si les visites respectent les espaces de travail. Les mangroves ne sont pas un simple décor à photographier ; elles protègent les berges et soutiennent des activités. Cette attention distingue une découverte utile d’un passage trop rapide. Pour approfondir le sujet des îles vietnamiennes, tu peux aussi parcourir ce guide consacré à une autre île du Vietnam : le contraste aide à voir combien chaque territoire dépend de sa géographie.
Questions pratiques sur Cù Lao Dung
Où se trouve Cù Lao Dung ?
Cù Lao Dung se situe dans le cours inférieur du fleuve Hậu, dans la province de Sóc Trăng, au sud du Vietnam. Le Hậu est l’un des bras du Mékong et rejoint la mer de Chine méridionale.
Pourquoi l’île est-elle associée à la canne à sucre ?
La canne à sucre a longtemps occupé une place importante dans l’agriculture locale. Les revenus jugés parfois instables encouragent aujourd’hui certains foyers à diversifier leurs activités, notamment avec des productions adaptées aux mangroves.
Que signifie l’élevage sous mangrove ?
Il s’agit d’élever des espèces aquatiques, comme le vọp et l’ốc len, sous le couvert des forêts de mangrove. Le principe associe production et maintien du milieu forestier, avec une gestion attentive des parcelles.
Quels chiffres connaît-on sur le projet MD-ICRSL à Cù Lao Dung ?
Le bilan rapporté en novembre 2022 indiquait plus de 1 760 hectares concernés et plus de 400 foyers participants. Ces chiffres sont historiques et ne constituent pas un bilan actualisé pour 2026.



